Au 20ème siècle, Keynes rappelait – dans The Economic Consequences of the Peace – cette affirmation de Lénine selon laquelle la meilleure manière de détruire le système capitaliste est de s’attaquer à sa monnaie.
Il n’y a pas en effet de manière plus subtile, plus sûre et plus discrète de renverser l’ordre existant de la société que de vicier sa monnaie. D’aucuns voient même dans cette crise le symptôme salutaire de l’entrée dans une nouvelle épistémè où ce ne serait plus l’argent qui produirait de l’argent mais où la valeur travail retrouverait tout son sens. Quoi qu’il en soit, la survie de notre société et des entreprises, condamnées à un constant ajustement de leur compétitivité, passe plus que jamais par le développement des compétences individuelles et collectives. Alors que le chômage bat son plein et que les évolutions verticales se raréfient le DIF ne peut-il pas être l’outil de transition idéal en cette période de mutation et d’adaptation?
Celles qui ne l’auront pas anticipé se retrouveront ainsi menacées, soit par une véritable épée de Damoclès financière et de réorganisation dans le cas où elles accepteraient les demandes de leurs salariés, soit, dans celui où elles les refuseraient, par un mécontentement général qui, en ces temps de crise, ne serait pas sans pouvoir allumer le détonateur d’un véritable conflit social.
Or, cette situation est notamment due à l’ambigüité sémantique contenue dans le nom même du DIF. En effet, un certain nombre de salariés, généralement les non-initiés, voient dans le DIF un droit qui leur est propre et ne comprennent pas pourquoi il leur est nécessaire d’obtenir un accord de leur employeur pour utiliser les heures acquises, d’autant que le texte original de Mai 2004 prévoit qu’une majorité des heures doit être utilisée hors temps de travail.
![My[RH]Line - Le média des Ressources Humaines My[RH]Line - Le média des Ressources Humaines](https://webdev.myrhline.com/wp-content/uploads/2022/07/MY-RH-LINE-LOGO_BLACK-e1664908566993.png.webp)